5h00 du mat’, c’est la super forme. J’ai bien dormi, j’ai les idées claires. Bingo! C’est le temps où j’aime me précipiter sur mon clavier.

Ça fait longtemps que je me demande pourquoi les livres de math utilisés au primaire et au secondaire proposent des situations-problèmes plus ennuyantes ou plus déconnectées de la vie réelle les unes que les autres. Le décalage entre ce qui est enseigné à l’école et la vraie vie est de plus en plus grand et que dire du décalage entre ce qu’on enseigne et ce qui intéresse les jeunes… un fossé immense! Tout plein de contenus ont encore leur raison d’être malgré les calculatrices et autres technologies, mais certains ne sont là que par tradition. De plus, quand on applique les notions dans diverses situations-problèmes, ça devient carrément nul! Pompon le mouton invite 11 amis à son anniversaire… Eille Joe, réveille… on s’en fout de Pompon le mouton!

Pour favoriser l’apprentissage et stimuler le cerveau, il faut bûcher sur quelque chose qui risque de nous intéresser un tant soit peu. Et encore faut-il ne pas trop bûcher, car c’est bien connu, c’est l’équilibre connaissances-compétences/défi qui est gage de réussite pour la majorité, le -trop difficile- et le -trop facile- étant rapidement abandonnés. Parlant de cet équilibre… je suis bien obligée d’admettre que, même si j’ai travaillé à implanter les «nouveaux programmes» au début du siècle et que je crois encore fermement qu’un tel virage était nécessaire en éducation, pour ce qui est des fameuses situations d’application-résolutions-de-problèmes en mathématique, on repassera!!! On a réussi à décourager des milliers d’élèves qui se croient maintenant complètement stupides lorsque vient le temps de «la réso» comme ils disent, alors que c’est loin d’être vrai bien sûr. Au fil des ans, on est passés de «Jean a 10 bonbons qu’il veut partager entre ses 3 amis» à des problèmes dont l’énoncé fait trois paragraphes, dont la résolution demande 4 étapes, l’articulation de plusieurs connaissances et compétences et une heure de travail pour des élèves de 4e année. J’ai enseigné récemment avec une collection dont je tairai le nom (j’ai vu que ce n’est guère mieux dans plusieurs autres ouvrages), mais qui réussit à faire pleurer plusieurs élèves à chaque évaluation, alors que moi-même, pourtant diplômée en arts-lettres-communication, je prends énormément plaisir à tâter de la mathématique (comme dans John Tate, mathématicien américain? Ben non, ben non, comme dans tâter le pouls des math ; ) dans mon quotidien! Et que dire des SAÉ qui s’étalent sur plusieurs heures et pages… L’organisation scolaire n’ayant pas suivi au moment de la «réforme» des contenus, on essaie de travailler les situations d’apprentissage et d’évaluation dans un cadre encore très «traditionnel». On apprend nos tables, on fait des exercices dans le cahier et bang! on «plogue» quelques situations-résolutions à travers ça. Impossible… Si on ne travaille pas à l’année longue dans un esprit de questionnement, d’échange, d’expérimentation, etc. on court vers de VRAIS problèmes : (

Le commun des (moldus; ) oups… des élèves, ne réussit pas plus à résoudre les foutues situations-problèmes qu’à dégager par eux-mêmes les fameuses règles de grammaire que l’on souhaitait qu’ils déduisent plutôt que d’apprendre par cœur comme des perroquets au tournant des années 2000. L’enfer est pavé de bonnes intentions…

Comment changer la perception qu’ont les élèves d’une Grande-Méchante-Math qui rôde trop souvent sur les bancs de l’école? Retrouver l’équilibre.